25.5.12

Le CharlesXII de Voltaire



Puisque nous ne sommes toujours repartis vers la Russie, j’ai repris à la veillée le CharlesXII de Voltaire – oui celui que m’a envoyé l’oncle Castrique d’Armentières - à la page où le roi de Suède «avait fait apporter du biscuit pour la subsistance de son armée.» Comme nous ! «Rien ne l’arrêtait dans sa marche.» Comme nous !
« Après qu’il eut traversé la forêt de Minski, , il se trouva le 25 juin 1708 devant la rivière de Bérézine, vis-à-vis Borislou.» Bérézine, Bérézine ce n’est pas avec un nom comme ça qu’on entre dans l’histoire.


Le czar s’y était donc retranché pour «empêcher les Suédois de passer la rivière». Voltaire raconte que «Charles posta quelques régiments sur le bord de la Bérézine, à l’opposite de Borislou, comme s’il avait voulu tenter le passage à la vue de l’ennemi. Dans le même temps il remonte avec son armée trois lieues au delà vers la source de la rivière» et «y fait jeter un pont».


Avec mon Voltaire, je suis devenu le diseur de la veillée. Je raconte le czar qui fuit en évitant les affrontements devant les Suédois de Charles XII à l'automne 1708. « L’avantage demeurait presque toujours à ces derniers; mais ils s’affaiblissaient, à force de vaincre dans de petits combats qui ne décidaient rien, et où ils perdaient toujours du monde. » Et là, si je sens l’attention diminuer, je dis Cric et chacun sait bien, n'est-ce-pas, ce qu’il faut répondre…Crac.


Cric-Crac c’est simple non ?


Continuons donc avec la campagne de Charles XII en Russie en 1708. Il  y a eu une grande bataille à Smolensko où le roi des Suédois a bien failli être pris. Mais il remporta encore la victoire. Voltaire a écrit qu'ils étaient alors à «environ cent de nos lieues françaises» de Moscou et que «l’armée n’avait presque plus de vivre». C’est alors que Charles XII pris une décision vraiment surprenante. Il a décidé de ne pas aller batailler à Moscou mais de se rendre en Ukraine. Ce que personne ne savait, c’est qu’il avait conclu une alliance avec un Polonais nommé Mazeppa qui était devenu général des Cosaques et qui s’était révolté contre le Czar…


Mais les plans de Charles XII se sont écroulés : les Russes ont «taillé en pièces» ses alliés Cosaques avant qu’ils ne rejoignent les Suédois écrit Voltaire. Presque toute l’artillerie et tous les chariots se sont «embourbés ou abîmés dans les marais ». Et les renforts venus de Suède, attaqués eux-aussi n’ont pu apporter «ni munitions, ni armée». Ni vivres. Ça va mal finir…


«Charles osait faire de longues marches de troupes pendant ce froid mortel. Ce fut dans une de ces marches que deux mille hommes tombèrent morts de froid sous ses yeux.» En lisant à mes camarades attentifs ce que Voltaire a écrit de la tragédie de l’armée suédoise en Russie pendant le terrible hiver 1708, je vois bien que leur angoisse monte. Mais je les rassure : Napoléon n’est pas Charles XII et notre campagne de Russie n’aura pas lieu en hiver mais en été.


Reste que quand un pasteur passant par notre camp nous a décrit l’hiver vigoureux qui nous attendait au fond de la Russie, notre dénuement, nos misères. Et il qu’il a prédit : «Peu d’entre vous reviendrontIl a jeté un froid.


Sinon je peux aussi vous dire qu’il se bruite que Napoléon fait fabriquer des faux billets en monnaie russe à Paris. Pour que la guerre nous coûte moins cher. Et surtout qu’il a quitté la capitale le 9 mai pour venir passer en revue la Grande Armée de la Vistule. C'est-à-dire nous !




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