29.6.12

Nous passons le Niémen

Je l’avoue j’ai un peu négligé ce récit sur ce blog. Mais les évènements se sont précipités et vous savez peut-être déjà que nous sommes entrés en Russie depuis plusieurs jours sans rencontrer le moindre soldat russe. Le seul récit au jour le jour que je parviens à assurer, c’est celui de ma page Facebook.
Donc ce 28 juin 1812, les Lituaniens nous ont accueillis avec joie à notre arrivée à Wilna avant de nous aider à réparer le pont sur la Vilnia. Les magasins russes brûlaient quand nous sommes arrivés…

Nous étions repartis de Thorn le 7 en colonnes à l’extrême gauche de la Grande Armée avec l’intention comme l’a écrit le grenadier -tirailleur Delvau à sa famille, d’arranger «bientôt ce petit empereur de Russie à la sauce blanche».

A Gumbinen, le 18 juin, nous les soldats de la division Gudin nous nous sommes rassemblés avec ceux de Friant. Il était plus de 4 heures du soir quand Napoléon nous a passés en revue. Puis il a parlé aux premiers rangs, il a reconnu les plus anciens, savait tout de leurs batailles et de leurs blessures.
Le 21 nous avons atteint Kowno sur le Niemen et il nous a été interdit de faire du feu.

Dans la nuit du 23 au 24, trois ponts de bateaux ont été jetés sur le fleuve. Puis tôt ce matin, nous avons mangé la soupe et on nous a lu une proclamation de Napoléon qui parlait d’une seconde guerre de Pologne, de la Russie qui violait ses serments, des soldats d’Austerlitz qui n’étaient pas des «dégénérés» : la Russie «nous place entre le déshonneur et la guerre, le choix ne serait être douteux. Marchons donc en avant ; passons le Niémen, portons la guerre sur son territoire». Et de tous côtés, a résonné un Vive l’Empereur ! crié par les soldats de la plus Grande Armée de tous les temps.
Et le lendemain j’ai traversé le Niemen parmi les premiers sous le regard de Napoléon installé sur la hauteur la plus élevée. Parmi les premiers... après trois compagnies de voltigeur du 13e léger, une cinquantaine de sapeurs, la cavalerie légère et quelques autres. Mais c’est bien la division Gudin qui a été la première à franchir le fleuve. Et dés le point du jour, nous étions rangés en bataille dans la plaine en colonnes serrées par bataillons. Un terrible orage a éclaté dans l’après-midi. Mauvais présage ?

Enfin nous, les soldats du 1er corps qui formions l’avant-garde de l’armée, n’avons vu sur la route vers Wilna par Zislory et Jewe, que des cosaques qui fuient à notre approche en mettant le feu aux granges et aux châteaux. Ils n’ont laissé ni bétails ni chevaux ni vivres… Ils avaient même retiré les bureaux de douanes de la frontière. Après une marche pénible, dans une chaleur lourde et sous la pluie,  des bivouacs dans la boue et nos réserves en vivres épuisées, nous voilà donc enfin à Wilna.

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